Le social media, la nouvelle arme pour l’investissement solidaire et social
Publié le 17 oct 2011 par Laurent Blondeau

Nombreux. De plus en plus nombreux à utiliser les medias sociaux, une révolution de la relation, du partage et de l’intermédiation. Il faut dire que les usages vont au delà souvent de notre imagination et initient d’autres formes de pensée, de collaboration et de loisir. Si l’on retient souvent la face dangereuse des plateformes (accoutumance, abus, voyeurisme, marketing déguisé…), il y a également des usages révélés qui ont transformé et rendu possible les plus beaux rêves : rapprocher les gens, réduire la fracture de la connaissance, fédérer autour de causes humanitaires et simplifier. S’il est un des secteurs où je le pense, les plateformes sociales ont permis l’impossible, il s’agit bien entendu de celui de l’investissement solidaire. Je préfère d’ailleurs ce terme à celui de “micro-crédit”, selon moi plutôt réservé aux professionnels financiers, de toute taille, attirés par ces marchés très volumiques, où la demande d’investissements même modestes, explose.

En effet, comment sans ces plateformes communautaires savoir qu’à des milliers de kilomètres de nos villes aseptisées, se joue l’avenir d’un foyer autour de l’élevage de poules, de la création d’une petite entreprise de tissage, ou d’une laiterie pour un village ? C’est aujourd’hui possible, avec des initiatives comme Kiva, la plus célèbre sans doute, qui vient d’ailleurs de lancer sa plateforme Francophone ici. Avec 25$ de prêt moyen par projet, tout le monde développé peut à peu près changer la vie d’un foyer Péruvien, Ruandais ou Sri Lankais. Un peu comme le parrainage d’enfants qui existe depuisfort longtemps par le biais de mailings traditionnels. Mais ce qui change ici, c’est que l’on ne donne rien (sinon de l’attention et du coeur et croyez-moi en ce moment c’est déjà beaucoup), ici on prête…et ça change tout :

  • pas de relation colonialiste entre le grand riche et le petit pauvre, qui grandit celui qui donne et confine comme inférieur celui qui reçoit
  • un anonymat si l’on souhaite, pour réellement donner avec le coeur
  • une garantie d’être remboursée, c’est la fierté du modèle
  • du sens à être entrepreneur investisseur auprès des plus démunis, sans rien attendre que le succès de l’entreprise et de changer la vie à l’autre bout du monde
  • le prêt c’est rendre la fierté aux gens courageux, entrepreneurs, qui vont tout faire pour justement ne pas décevoir celui qui prête et le rembourser…un modèle de positivisme

On pourrait poursuivre par autant de raisons objectives pour cette innovation sociale, rendue possible vous l’avez compris, par la construction d’une plateforme de mise en relation de projets à financer, et de prêteurs potentiels, qui en un clic vont pouvoir changer le destin d’un village. Imaginez pour les moins jeunes, ce que cela pouvait donner avant la technologie et l’innovation (ainsi que la confiance développée autour des medias sociaux), pour créer et rendre possible de telles idées : rien. Avant rien, car impossible avec les coûts d’intermédiation redhibitoires eu égard aux montants minimes des projets. Un autre acteur comme zopa, en Angleterre, a permis de démocratiser le prêt entre particuliers, sécurisée et simple, en quelques clics. Vous pouvez y prêter de l’argent à un inconnu ou en emprunter à un autre. Et tout ça simplement, sans banque, à des conditions très avantageuses. Babyloan, quant à eux (entreprise Française…), nous promet des “petits prêts qui font de grandes histoires”, avec une plateforme communautaire pour des prêts solidaires auprès de micro-entrepreneurs, en Europe. Ninemillion.org, organisation gérée par les Nations Unies, prônant et soutenant l’éducation et le sport, est animée autour d’une plateforme de donation, connaissant un succès colossal…qui sans l”apport du social media, de ses valeurs et la viralisation liée aux technologies 2.0, n’aurait pu grandir à cette vitesse. Enfin, last but not least, Grameen foundation affiche sa volonté d’allier technologie et micro-finance pour combattre et faire reculer la pauvreté. Avec de nombreuses ramifications thématiques, l’étendue de l’empreinte de cette initiative a été extraordinaire, et fondée et soutenue comme vous le savez, par le professeur Yunus, célèbre économiste et entrepreneur des “pauvres”.

 

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Certaines entreprises ont également entrepris des démarches audacieuses, pour aider le monde en développement, avec les compétences et ressources qu’ils possèdent. Danone, à travers sa plateforme Danone Communities anime et communique sur des projets “aidés”, qui changent une partie du monde, sans condescendance et avec le plus grand respect pour ces édifices essentiels : redonner de la valeur sociale à travers le profit réalisé par une entreprise, en d’autres termes, redistribuer le profit…

De tels sites, à travers les usages et la transformation des comportements et de l’appétance collaborative induits, mettent en lumière, derrière la technologie, les défis et progrès du social media ou comment on peut simplement rapprocher des initiatives communes, sans l’apport aucun, d’institutions, de lois ou de subventions nulle part. Complètement privée, initiative simple mais grande dans l’âme et dans le coeur, je salue franchement le courage et la détermination à pousser ce type d’initiative. Rendez-vous ici pour faire votre premier prêt, et changer la vie quelque part, comme un citoyen du monde…Allez, soyez pas pingres…

A lire ailleurs :

A noter : Kiva fêtera son 6ème anniversaire le jeudi 20/10 à Paris dans les locaux de faberNovelhttp://www.facebook.com/event.php?eid=164551006962027
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