Traveler to journalist: how audience participation could become the new travel journalism
Publié le 7 avr 2014 par Lola Aubert

Les travaux de Bryan Pirolli, chercheur à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, présentés lors des SMC Research Awards que nous organisions en décembre dernier, portent sur le rôle du journaliste de voyage face aux changements provoqués par Internet, lequel voit apparaître une forme de “concurrence” : les blogs amateurs et les avis consommateurs sur des sites spécialisés, comme TripAdvisor. Dans ce contexte, quelle valeur accorder au journaliste professionnel ?


 

Dans cet article, Bryan Pirolli explore le rôle du journaliste de voyage face aux changements provoqués par Internet et les sites d’information dédiés au voyage. Un problème se pose pour l’institution du journalisme : avec la multiplication des blogs, des sites d’information et même des sites d’avis comme TripAdvisor, il devient encore plus difficile de définir les contours de la figure journalistique.

L’auteur a mené une enquête afin de découvrir comment les touristes organisent leurs voyages et comment ils interprètent les informations en ligne. Parallèlement, il a effectué une analyse de plusieurs blogs qui traitant de Paris dans l’objectif de constater quelles pratiques journalistiques se décèlent parmi les blogueurs. Avec ces deux études, Bryan Pirolli a pu identifier quels éléments ce public valorise dans ces ressources en ligne, et si (ou comment) les blogueurs répondent à ces attentes.

Le rôle que les sites web comme les blogs et TripAdvisor jouent dans le marché du tourisme, un des secteurs économique les plus important au monde est mis en question : peuvent-ils aider ou influencer les touristes à faire leurs achats pendant leurs voyages ? Les destinations peuvent-elles contrôler leurs propres images via des offices de tourisme, ou sont-elles susceptibles d’être définies par le public qui partage des billets de blogs et des commentaires en ligne ? Ces interrogations ouvrent tout un débat autour de l’industrie du tourisme, selon si on parle d’une grande entreprise comme Air France-KLM ou un petit restaurant familial à Florence. Les professionnels ne sont plus les seuls à informer les touristes en masse et il est nécessaire de comprendre comment cette nouvelle communication touristique se développe.

Par ailleurs, les questions éthiques se multiplient à partir du moment où les voix de ces non-professionnels commencent à se faire de plus en plus fortes. Bryan Pirolli observe par exemple que les blogueurs sont invités à côté des journalistes à l’occasion de lancements d’hôtels ou dans des nouveaux restaurants. Sans formation journalistique, parviennent-ils à faire la distinction entre les relations publiques et les informations honnêtes et transparentes ?

Les blogueurs semblent s’éloigner du profil traditionnel du journaliste. Ils écrivent dans un style plus familial et plus personnel. Les entretiens réalisés révèlent que malgré certaines lacunes, les blogs sont préférés aux sites professionnels par les touristes qui recherchent une expérience plus « authentique » ou insolite. Dans ce contexte, Bryan Pirolli se demande quelle valeur accorder au journaliste professionnel. Les problématiques qui ont inspiré cette étude se poursuivront à l’échelle d’une thèse actuellement en cours de réalisation.

 

Retrouvez l’article de Bryan Pirolli dans son intégralité ici :

 

 

 

 

(Re)Découvrez les travaux des trois lauréats du concours SMC Research Awards, Irène Bastard, Andria Andriuzzi & Baptiste Kotras :

 

 

 

 

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